L’antisémitisme est la haine, le préjugé ou le traitement injuste visant les Juifs parce qu’ils sont juifs. La difficulté consiste à appliquer cette idée à des paroles et à des comportements réels, surtout lorsqu’Israël est en cause. Certaines accusations d’antisémitisme vont trop loin. Certaines règles sont trop étroites. Elles peuvent ne pas saisir l’exclusion, les théories du complot et la mise en cause de l’ensemble des Juifs. OZJF utilise le critère et les éléments présentés ci-dessous.
Une définition claire que les institutions peuvent utiliser
OZJF utilise la définition opérationnelle de l’antisémitisme de l’IHRA. Elle couvre les formes courantes de haine antijuive. Ses exemples couvrent également certains actes liés à Israël. Cette règle comporte une limite essentielle. Une critique comparable à celle adressée à tout autre pays n’est pas antisémite. Cette limite protège la liberté du débat. Elle permet aussi aux établissements scolaires et aux organismes publics de repérer la mise en cause ou les préjugés visant les Juifs en tant que groupe.
Les orientations du département de l’Éducation des États-Unis sur le titre VI portent sur une question juridique connexe. Le titre VI peut protéger les étudiants juifs lorsque les préjugés visent leurs origines communes ou leurs caractéristiques ethniques. Ces orientations ne transforment pas la critique politique en atteinte aux droits civils. Elles maintiennent également les droits garantis par le premier amendement.
Ce que montrent les données récentes sur les incidents
L’Audit of Antisemitic Incidents 2024 de l’ADL a recensé 9 354 cas d’agression, de harcèlement et de dégradation de biens aux États-Unis. Il s’agissait du total annuel le plus élevé de l’histoire de cet audit. La hausse a été particulièrement forte sur les campus universitaires. Les décomptes de l’ADL ne sont pas identiques aux données du FBI sur les crimes de haine. Les deux organismes appliquent des règles et des méthodes différentes. Leurs chiffres ne doivent pas être traités comme des mesures équivalentes.
Le travail fédéral en matière de droits civils fournit un autre indicateur. Le département de l’Éducation publie une liste des affaires ouvertes au titre VI concernant l’ascendance commune. En mars 2025, son Office for Civil Rights a envoyé des lettres à 60 universités. Une enquête ne constitue pas une preuve de culpabilité. Le nombre d’établissements examinés montre néanmoins qu’il ne s’agit pas seulement de quelques signalements isolés.
Où s’arrête la critique et où commence l’antisémitisme
Le critère n’est pas de savoir si une personne soutient Israël. Critiquer un gouvernement, un parti, un choix militaire ou un responsable public israélien relève du discours politique normal. La critique devient de l’antisémitisme lorsque les Juifs sont traités comme un groupe coupable ou suspect. En voici quelques exemples :
- Tenir tous les Juifs pour responsables des choix du gouvernement israélien.
- Exiger des étudiants ou des salariés juifs qu’ils rejettent le sionisme avant de pouvoir participer.
- Nier les droits nationaux des Juifs en vertu d’une règle qui n’est pas appliquée à d’autres peuples.
- Diffuser des théories du complot sur le pouvoir, le contrôle, le sang ou la double loyauté des Juifs.
OZJF considère également les appels à « globaliser l’intifada » comme une menace visant les Juifs. Cette expression évoque une histoire qui comprend des attaques contre des civils juifs. Notre analyse complète explique son effet sur ceux qui l’entendent en tant que Juifs. OZJF la compare à un appel à « globaliser le KKK ». L’analyse précise également où s’arrête cette comparaison.
La vie sur les campus, là où la règle est mise à l’épreuve
Sur les campus, les étudiants doivent pouvoir apprendre, prier, s’organiser et s’exprimer. Ils ne doivent pas être tenus pour responsables d’une guerre à l’étranger. La lettre Dear Colleague de novembre 2023 du département de l’Éducation indique que les établissements doivent agir lorsque le harcèlement lié à l’ascendance commune crée un environnement hostile. La règle couvre les étudiants juifs, israéliens, musulmans, arabes et palestiniens. Les établissements doivent remplir cette obligation sans réduire au silence les propos protégés par le premier amendement.
Les établissements ont besoin d’une procédure solide permettant de signaler un préjudice et de l’examiner dans les délais. Ils doivent aussi distinguer les propos protégés des abus ciblés. Une déclaration publique de préoccupation ne suffit pas. Les étudiants doivent bénéficier d’un accès égal aux cours, au logement, aux associations et aux événements organisés sur le campus.
La précision est la raison d’être de la démarche
L’antisémitisme ne doit pas devenir une étiquette appliquée à tout propos qui déplaît à un établissement scolaire ou à un organisme public. Une règle claire préserve la crédibilité de l’accusation. Elle aide les personnes chargées de l’examen à distinguer le débat des préjugés, des abus, des théories du complot et de la mise en cause de l’ensemble des Juifs.
La critique peut être virulente sans placer tous les Juifs sur le banc des accusés. Qualifier un message de militantisme ne le soustrait pas à l’examen.