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Enjeux

Gouvernance palestinienne

La vie politique palestinienne est divisée entre le Hamas à Gaza et l'Autorité palestinienne dans certaines parties de la Cisjordanie, sans élections nationales récentes.

Aucun gouvernement élu ne dirige aujourd’hui à la fois Gaza et la Cisjordanie. Le Hamas contrôle Gaza par la force depuis 2007. L’Autorité palestinienne, ou AP, administre certaines parties de la Cisjordanie. Son mandat électif national a expiré depuis longtemps. OZJF soutient l’autonomie palestinienne. Nous estimons également qu’un État pérenne a besoin de dirigeants élus, d’un même État de droit et de comptes publics transparents. Les groupes armés ne peuvent pas se soustraire à ce droit. Les fonds publics ne doivent pas récompenser des actes de violence.

Un territoire politiquement divisé

Le Congressional Research Service décrit un système politique divisé. Depuis 2007, l’AP, sous la direction de Mahmoud Abbas, administre certaines parties de la Cisjordanie. Le Hamas gouverne Gaza. Aucun organisme palestinien ne dirige les deux territoires ni ne commande l’ensemble des forces armées.

Cette division influe sur les négociations de paix, la sécurité, l’aide et la prochaine transmission du pouvoir. Elle détermine également qui serait en mesure de mettre en œuvre un accord de paix. Une reconnaissance étrangère ne peut, à elle seule, répondre à cette question.

Des élections nationales absentes depuis des années

Les Palestiniens ont élu pour la dernière fois un président en 2005. Ils ont choisi pour la dernière fois un organe législatif en 2006. Le CRS indique que le Conseil législatif palestinien a ensuite cessé ses travaux. Les projets de nouveaux scrutins ont été reportés ou annulés. Les dirigeants actuels ne disposent donc pas d’un mandat national récent.

Une élection ne suffirait pas, à elle seule, à instaurer la paix. Elle ne garantirait pas non plus une bonne gouvernance. Elle permettrait aux Palestiniens de choisir leurs dirigeants, de débattre des politiques publiques et de remplacer les responsables sans recourir à la force.

Le Hamas associe pouvoir politique et organisation armée

Le Hamas figure sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères. La note du CRS sur la politique palestinienne rappelle également ce statut juridique. Le Hamas a remporté les élections législatives de 2006. Il a ensuite pris le contrôle de Gaza par la force en 2007. Le Hamas est à la fois un groupe armé et le pouvoir qui gouverne Gaza. Cette double fonction rend beaucoup plus difficile la construction d’un gouvernement pacifique unique, soumis au droit.

L’opinion publique ne se résume pas à une lecture simple

Les sondages ne racontent pas une histoire simple. Le Hamas ne parle pas au nom de tous les Palestiniens. Il bénéficie néanmoins d’un soutien populaire réel. Le Palestinian Center for Policy and Survey Research est souvent cité dans ce domaine. Son sondage d’octobre 2025 a relevé un fort soutien au Hamas. Une majorité approuvait également l’attaque du 7 octobre. Un sondage conjoint israélo-palestinien de septembre 2024 a mis en évidence un soutien palestinien réel à une solution à deux États.

Les deux sondages ont été réalisés à des dates et dans des contextes différents. Les lecteurs doivent vérifier la formulation des questions, l’échantillon et les dates de collecte. Pris ensemble, les résultats font apparaître à la fois un soutien à la violence et un soutien à un accord obtenu par la négociation.

Allocations aux prisonniers et aux martyrs

L’AP a versé des allocations aux prisonniers ainsi qu’aux familles de personnes tuées ou blessées dans le conflit. Parmi les bénéficiaires figurent des personnes ayant attaqué des Israéliens. Les détracteurs qualifient ce système de « Pay-for-Slay », soit une rémunération en échange de meurtres. Le Congrès a réagi en adoptant le Taylor Force Act. Cette loi limite une partie de l’aide américaine jusqu’à la cessation des pratiques de paiement énumérées.

Le 10 février 2025, l’agence de presse palestinienne officielle WAFA a fait état d’un nouveau décret du président Abbas. Selon ce texte, le fondement juridique du fonds devait être supprimé. L’aide devait être transférée vers un nouveau système de protection sociale. L’Union européenne a salué le décret. Plus tard la même année, Euronews a rapporté de nouveaux doutes. La Commission européenne a demandé des preuves après des allégations selon lesquelles des fonds continuaient de transiter par d’autres circuits.

Le décret peut constituer un véritable changement. Mais une réforme sur le papier ne suffit pas. Les registres de paiement et un contrôle extérieur doivent montrer ce qui a effectivement changé.

Les conditions d’une véritable autonomie palestinienne

Selon OZJF, une autonomie palestinienne solide exige au moins quatre éléments :

  • Des élections nationales encadrées par des observateurs dignes de confiance.
  • Un gouvernement civil unique, et non des pouvoirs rivaux à Ramallah et à Gaza.
  • Des comptes publics vérifiables qui ne récompensent pas la violence.
  • Un contrôle civil des groupes armés et un soutien public aux engagements en faveur de la paix.

Une reconnaissance sans ces réformes laisserait subsister les problèmes fondamentaux. Le pouvoir resterait divisé, difficile à contrôler et soutenu par des groupes armés rivaux.

Les limites de la reconnaissance

Une reconnaissance étrangère peut affirmer les droits nationaux d’un peuple. Elle ne peut pas rendre un gouvernement conforme au droit ni faire de lui le choix de sa population. La comparaison d’OZJF avec la Rhodésie avance un point précis. La reconnaissance ne peut pas remédier aux failles profondes du pouvoir reconnu. Les deux histoires ne sont pas identiques. La comparaison ne doit pas assimiler la société palestinienne au régime de la minorité blanche.

Les Palestiniens méritent des institutions qu’ils puissent choisir, interroger et remplacer. Demander à ces institutions de rejeter la violence politique n’est pas hostile à l’autonomie palestinienne. Cela contribue à rendre ce droit durable.