En 2005, Israël a démantelé toutes les colonies situées à l’intérieur de Gaza. Il en a également retiré ses forces militaires permanentes. Le retrait était réel, mais Israël a agi seul. Aucun gouvernement palestinien n’a signé d’accord de paix ni assumé d’obligations correspondantes.
Ce qu’Israël a effectivement évacué
Le président George W. Bush a évoqué le plan d’Ariel Sharon dans une lettre du 14 avril 2004. Il l’a qualifié d’étape majeure. Le plan concernait toutes les colonies de Gaza et plusieurs sites de Cisjordanie. Israël a mis en œuvre la partie relative à Gaza en 2005. Il a démantelé toutes les colonies et retiré ses forces de l’intérieur du territoire.
Les mesures matérielles sont claires. D’autres différends subsistent. Ils concernent les frontières de Gaza, son espace aérien, son accès à la mer et les obligations juridiques d’Israël après le retrait.
Pourquoi Gaza n’appartient pas à la même catégorie que l’Égypte ou la Jordanie
Le plan ne comportait ni traité ni reconnaissance mutuelle. Il ne fixait aucune limitation conjointe des armements ni aucun dispositif commun de sécurité. Aucun État palestinien souverain n’a assumé d’obligations correspondantes. Israël a conçu et exécuté seul cette mesure.
Gaza ne constitue donc pas un test direct du principe de l’échange de territoires contre la paix fondé sur un traité. Gaza met à l’épreuve une autre idée. Un retrait unilatéral peut-il réduire le conflit en l’absence d’un partenaire stable ou d’un ordre convenu pour l’après-retrait ?
Ce qui a suivi
Les rapports actuels du CRS sur le Hamas et le profil du Hamas établi par le National Counterterrorism Center décrivent les événements qui ont suivi. Le Hamas a remporté les élections palestiniennes de 2006. Il a pris Gaza au Fatah par la force en 2007. Des groupes armés de Gaza ont lancé des roquettes contre Israël. Israël a mené des opérations militaires répétées. Le Hamas a ensuite dirigé l’attaque du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre actuelle.
Ces événements ont influencé la perception israélienne du retrait. De nombreux Israéliens y ont vu un avertissement. Le retrait des troupes et des colons, sans plan de sécurité solide, avait laissé à un groupe armé la possibilité de prendre le pouvoir.
Ce que le cas démontre
Le retrait des colons et des troupes n’a pas créé de processus de paix. Il n’a pas permis de constituer un partenaire stable. Il n’a pas désarmé les groupes armés. Il n’a pas non plus établi de règles convenues concernant les frontières et la sécurité.
La catégorie est importante. L’Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994 ont signé des traités avec Israël. Oslo a fixé des obligations temporaires au moyen de négociations. Gaza n’a connu aucune de ces formes. Sa principale leçon concerne un retrait unilatéral sans ordre de sécurité convenu.
Ce que le cas ne démontre pas
Gaza ne montre pas que tout accord territorial échouera. Les traités avec l’Égypte et la Jordanie montrent qu’il peut en être autrement. Le pouvoir du Hamas ne rend pas non plus les civils palestiniens responsables du groupe. Les éléments disponibles étayent une conclusion limitée. Un retrait sans obligations correspondantes en matière de sécurité laisse subsister des risques majeurs.
Le retrait s’inscrit dans le dossier plus large des décisions territoriales. Il n’appartient pas à la catégorie des traités. Israël a procédé à un retrait matériel majeur sans accord bilatéral ni ordre de sécurité commun. Ce qui a suivi a modifié les perceptions israéliennes du risque. Cela ne permet pas de prédire l’issue de chaque accord reposant sur des conditions différentes.