Israël et la Jordanie ont signé leur traité de paix le 26 octobre 1994. Il a mis fin à l’état de guerre et fixé la frontière. Il a également établi des règles en matière de sécurité et de partage de l’eau. Le traité a survécu à la seconde Intifada, à plusieurs guerres à Gaza et à la guerre civile syrienne. Il a aussi résisté à une forte opposition de la population jordanienne envers Israël.
Cette relation est souvent qualifiée de paix froide. Les deux gouvernements travaillent ensemble, mais ce rapprochement n’a pas suscité une large sympathie populaire. Les États ne sont pas retournés à la guerre. Les principaux organes créés par le traité continuent également de fonctionner.
Ce que le traité a réglé
Le traité et ses annexes définissent la frontière. Son tracé suit les secteurs du Jourdain et du Yarmouk, la mer Morte, l’Arava ou Wadi Araba et le golfe d’Aqaba. Les textes fixent aussi des règles communes pour la gestion de la frontière, de l’eau et de la sécurité. Les lecteurs peuvent consulter le traité principal, l’annexe I sur la frontière et l’annexe II sur l’eau.
Ces dispositions ont transformé une promesse de paix en coopération administrative régulière. Les responsables ont dû gérer la frontière et répartir l’eau. Les deux États ont également accepté des obligations de sécurité et de reconnaissance. Le traité leur a donné des règles pour accomplir ce travail.
Pourquoi il s’agit d’un échange de territoires contre la paix
L’accord territorial était bien moins important que la restitution du Sinaï par Israël à l’Égypte. Il a tout de même réglé de véritables questions frontalières. Il a également créé des conditions d’usage particulières pour des terres jordaniennes utilisées par des Israéliens. Surtout, il a transformé la plus longue frontière d’Israël avec un État arabe en une ligne convenue.
Les dispositions territoriales étaient limitées, mais elles avaient un poids juridique et stratégique. La Jordanie appartient au bilan des échanges de territoires contre la paix. Elle ne devrait pas être présentée comme un autre Sinaï.
Pourquoi la paix a duré
La Jordanie et Israël veulent tous deux éviter la guerre. Ils doivent aussi partager une eau rare et sécuriser une longue frontière. La guerre et les troubles en Syrie et en Irak ont rendu leur coopération plus utile. Ces besoins ont subsisté lorsque les déclarations publiques se sont durcies.
La présentation de la conférence de Madrid par le département d’État retrace les pourparlers qui ont précédé le traité. En 1994, des années de négociations directes avaient jeté les bases d’un accord.
Pourquoi il s’agit encore d’une paix froide
Une paix durable ne bénéficie pas nécessairement d’une adhésion populaire. De nombreux Jordaniens s’opposent aux relations avec Israël. Les guerres à Gaza mettent régulièrement à l’épreuve le lien officiel.
Des accords spéciaux d’utilisation des terres couvraient Baqura, ou Naharayim, et Al-Ghamr, ou Tzofar. Ils illustrent à la fois les tensions et la solidité du traité. La Jordanie a exercé le droit que lui accordait le traité de mettre fin à ces accords en 2018 et 2019. Des articles de presse et des synthèses ultérieures du Congressional Research Service ont qualifié cette affaire de grave différend. Le traité de paix dans son ensemble est resté en vigueur.
Ce qui peut être retenu pour l’avenir
Le traité avec la Jordanie constitue une paix durable entre deux États. Ses dispositions territoriales étaient limitées, mais le travail quotidien qu’il organise est vaste. Les règles frontalières, les obligations de sécurité et le partage de l’eau ont aidé l’accord à survivre sans relations populaires chaleureuses. D’autres conflits peuvent ne pas disposer de frontières convenues, de dirigeants clairement identifiés ou d’un contrôle sur les forces armées. Le modèle jordanien ne peut pas être simplement reproduit dans de tels contextes.