Le 17 septembre 1978, l’Égypte et Israël ont signé deux cadres à Camp David. L’un fixait les conditions d’un traité de paix entre l’Égypte et Israël. L’autre proposait une autonomie palestinienne temporaire en Cisjordanie et à Gaza. Le premier a abouti à un traité et a mis fin à la guerre entre l’Égypte et Israël. Le second n’a pas conduit à un accord définitif.
Les deux volets réunissaient des parties différentes et reposaient sur des conditions distinctes. Ils ont aussi produit des résultats différents. Chacun mérite un examen propre.
Ce qui a été signé
Le projet Avalon de Yale présente les deux textes. Le « Cadre pour la conclusion d’un traité de paix entre l’Égypte et Israël » fixait un calendrier de négociation. Le « Cadre pour la paix au Moyen-Orient », distinct du premier, proposait un dispositif temporaire pour la Cisjordanie et Gaza.
Le Bureau de l’historien du département d’État explique le rôle des États-Unis. Anouar el-Sadate et Menahem Begin avaient créé l’ouverture. L’équipe Carter les a aidés à la transformer en un projet écrit. La réunion n’a pas parachevé le traité de paix. Elle a plutôt défini la structure des négociations qui y ont abouti.
Pourquoi le volet égyptien a fonctionné
Le volet égypto-israélien concernait deux gouvernements et un territoire clairement défini. Il imposait également des obligations précises à chaque partie. Israël devait quitter le Sinaï. L’Égypte devait reconnaître Israël et établir des relations officielles. Les deux parties devaient accepter des dispositions de sécurité convenues. Ces négociations ont produit le traité de paix de 1979.
Le traité n’a pas créé de relations chaleureuses entre les deux sociétés, mais il a empêché une nouvelle guerre égypto-israélienne. Les deux gouvernements pouvaient être tenus de respecter des obligations écrites. Le dispositif de sécurité leur a également fourni un moyen de mettre l’accord en œuvre.
Pourquoi le volet sur l’autonomie palestinienne s’est enlisé
Le cadre pour la Cisjordanie et Gaza proposait une transition de cinq ans. Un organe élu devait assurer une administration locale limitée. Le plan prévoyait des négociations entre l’Égypte, Israël, la Jordanie et des délégués palestiniens. La souveraineté et les frontières définitives restaient à déterminer. L’OLP n’était pas partie aux négociations. La Jordanie a refusé d’y participer. Les dirigeants palestiniens ont estimé que le cadre n’allait pas assez loin.
L’expression « pleine autonomie des habitants » désignait une administration autonome, et non la promesse d’un État palestinien souverain. Cet écart a aidé les parties à s’entendre sur un cadre tout en laissant ouverte la principale question politique.
Ce que Camp David a accompli
Les accords ont rendu possible le premier traité de paix israélo-arabe. Israël a quitté le Sinaï. L’Égypte a reconnu Israël et a établi des relations officielles. Les deux parties ont accepté des obligations en matière de sécurité. La paix s’est maintenue malgré des années de fortes tensions régionales.
Le sommet a également influencé la diplomatie américaine ultérieure. Les dirigeants ont d’abord convenu d’un cadre. Les équipes ont ensuite rédigé les dispositions du traité et ses étapes de mise en œuvre. Cette méthode pouvait organiser les négociations. Elle ne pouvait pas imposer un accord sur les questions laissées en suspens.
Ce qu’il n’a pas accompli
Le cadre palestinien n’a pas réglé la question de la souveraineté, créé un État palestinien ni établi un dispositif fonctionnel d’autonomie pour la Cisjordanie et Gaza. L’OLP était absente et d’autres parties indispensables ont refusé de participer. Ces lacunes ont limité le cadre dès le départ.
Le cadre palestinien reste important en tant que document public. Il a inscrit l’autonomie et une période de transition définie dans des négociations officielles. Pourtant, les parties ne se sont pas entendues sur l’objectif final. Il manquait également au processus les acteurs nécessaires pour l’atteindre.
Ce que montrent les deux volets
Les deux volets ont produit un résultat durable et un projet inachevé. Le volet égypto-israélien associait la restitution d’un territoire à des obligations claires de part et d’autre. Le volet palestinien ne disposait ni de conditions finales convenues ni de parties essentielles. Aucun des deux cas ne permet de prédire ce que tout accord futur pourrait accomplir.