La Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994, accueille des soldats américains et reçoit une aide importante des États-Unis. Sa petite équipe à Washington se consacre en grande partie à préserver cette aide et la relation de sécurité qui la sous-tend. Les déclarations montrent une représentation étrangère ordinaire plutôt qu’une campagne cachée ou d’une ampleur inhabituelle.
L’accord d’aide qui façonne le lobbying
En septembre 2022, les États-Unis et la Jordanie ont signé un protocole d’accord de sept ans promettant environ 1,45 milliard de dollars par an de 2023 à 2029, soit approximativement 10,15 milliards de dollars. La fiche d’information du département d’État sur les relations entre les États-Unis et la Jordanie et le compte rendu de la signature du 16 septembre 2022 en exposent les modalités.
La Jordanie est également un allié majeur hors OTAN. Les forces américaines effectuent des rotations dans des bases situées au sud et à l’est du pays, à proximité de l’Irak, de la Syrie, d’Israël et de la Cisjordanie. Le Congrès doit tout de même voter les crédits promis, si bien que le maintien du soutien législatif est une tâche récurrente.
Une activité stable et de taille moyenne
Le volume des déclarations de la Jordanie au titre de la Foreign Agents Registration Act, ou FARA, est de taille moyenne. Il reste inférieur à celui des États du Golfe et proche du niveau de l’Égypte. La page pays d’OpenSecrets consacrée à la Jordanie suit les principaux contrats. Tous peuvent être recherchés dans le portail FARA eFile du département de la Justice. Quelques cabinets reviennent au fil des ans :
- Brownstein Hyatt Farber Schreck : cabinet déclaré comme conseil de l’ambassade de Jordanie dans les documents récents.
- Squire Patton Boggs : conseil de longue date de la Jordanie, avec un dossier remontant à plusieurs années.
- Podesta Group : inscrit comme représentant de la Jordanie avant la fermeture du cabinet en 2017.
- KRL International : missions plus modestes pour des comptes liés à la Jordanie au fil des cycles.
Les dépenses liées à la Jordanie sont généralement restées à quelques millions de dollars par an, bien en dessous de celles du Qatar ou de l’Arabie saoudite. Cette activité vise à soutenir une politique établie plutôt qu’à en construire une nouvelle.
Comment les arguments en faveur de l’aide sont présentés
Les activités déclarées comprennent des réunions avec des membres du Congrès au sujet du projet de loi sur l’aide, des tribunes présentant la Jordanie comme un partenaire régional stable et des réponses aux propositions de blocage des financements. Les déclarations complémentaires récentes disponibles dans le portail FARA eFile du département de la Justice montrent que ces activités se répètent d’une période de déclaration à l’autre.
Le rapport RL33546 du Congressional Research Service sur la Jordanie constitue la meilleure synthèse en un seul document. Il présente les montants de l’aide, la charge liée aux réfugiés et les liens de sécurité. Il relève aussi que la Jordanie accueille une importante population de réfugiés syriens et palestiniens. Cet argument apparaît souvent dans les notes de lobbying déclarées.
Aucune décision majeure d’un tribunal américain ne relie cette activité de lobbying à un comportement criminel. Les documents disponibles retracent sur une longue période des activités déclarées destinées à maintenir l’accord d’aide.
L’aide et le lobbying remis en proportion
- Population de la Jordanie : environ 11 millions d’habitants, estimation de 2024.
- Aide américaine à la Jordanie au titre du protocole d’accord de 2022 à 2029 : environ 1,45 milliard de dollars par an.
- Aide américaine par habitant en Jordanie : environ 130 dollars par Jordanien et par an.
- Dépenses directes de la Jordanie au titre de la FARA : quelques millions de dollars par an, selon OpenSecrets.
- Rapport : l’aide américaine versée à la Jordanie représente des centaines de fois le coût du lobbying qui la protège.
Comme dans le cas de l’Égypte, l’aide américaine à la Jordanie est des centaines de fois supérieure aux dépenses annuelles de lobbying jordaniennes. Ce rapport explique la portée étroite de ces activités.
Ce que les déclarations permettent d’affirmer
La Jordanie illustre un lobbying étranger déclaré ordinaire : des dépenses limitées, une relation stable avec le client et un objectif politique clair. Les documents ne ressemblent pas aux campagnes beaucoup plus vastes associées à certains États du Golfe. Un meilleur accès aux déclarations faciliterait l’examen de ce travail courant par le public.
OpenSecrets fournit une vue d’ensemble utile, et le portail FARA eFile du département de la Justice contient les documents primaires.
Sources utilisées sur cette page
- Département d’État des États-Unis : relations des États-Unis avec la Jordanie
- Département d’État des États-Unis : signature du protocole d’accord américano-jordanien de 2022 à 2029, 16 septembre 2022
- Congressional Research Service : RL33546, Jordanie, contexte et relations avec les États-Unis
- OpenSecrets : recherche par pays FARA pour la Jordanie
- FARA eFile du département de la Justice : source principale de tous les enregistrements
- Département d’État des États-Unis : statut d’allié majeur hors OTAN
- Traité de paix israélo-jordanien de 1994
- Département de la Défense des États-Unis : aperçu de la coopération en matière de sécurité avec la Jordanie
- Wikipédia : allié majeur hors OTAN, référence contextuelle