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Koweït : lobbying et influence aux États-Unis

Koweït : lobbying et influence aux États-Unis

Un examen clair de l’empreinte du lobbying koweïtien à Washington, de la célèbre campagne de relations publiques de 1990 et de ce que révèle aujourd’hui le registre FARA.

Le Koweït accueille d’importantes bases américaines et bénéficie depuis 2004 du statut d’allié majeur non membre de l’OTAN, selon la fiche du département d’État sur les relations des États-Unis avec le Koweït. Son dispositif actuel de lobbying est restreint. Son importance historique dans le domaine des relations publiques est bien plus grande en raison de la campagne qui a précédé la guerre du Golfe de 1991.

Un pôle de défense doté d’un dispositif de lobbying modeste

Le Koweït se situe au fond du golfe Persique. Les forces américaines utilisent le camp Arifjan, la base aérienne Ali Al Salem et le camp Buehring pour leurs opérations régionales, selon le rapport RS21513 du Congressional Research Service. Le pays constitue ainsi un pôle essentiel du CENTCOM.

Ce rôle militaire donne au Koweït un intérêt durable pour la politique menée à Washington. Les déclarations FARA permettent de savoir qui représente des clients koweïtiens, qui rémunère ces représentants et quels services ils fournissent.

La représentation actuelle au titre de la FARA

La loi sur l’enregistrement des agents étrangers oblige les cabinets à déclarer leurs activités pour un gouvernement ou un parti étranger. Les déclarations publiques sont accessibles sur le portail FARA eFile du département de la Justice. OpenSecrets les recense également dans une base de données FARA interrogeable.

Le registre FARA récent du Koweït est limité par rapport à celui de voisins comme le Qatar, l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis. Des déclarations publiques ont mentionné des cabinets tels que MSLGROUP et Hogan Lovells pour des activités liées à des clients koweïtiens. Ces activités portent généralement sur les relations avec les médias, le conseil juridique et l’aide aux contacts avec le gouvernement américain.

Comme les cabinets déposent des déclarations complémentaires deux fois par an et que les contrats changent, le portail FARA constitue la source appropriée pour obtenir une liste à jour.

La campagne de 1990 et le témoignage de Nayirah

L’effort d’influence le plus connu du Koweït a eu lieu après l’invasion irakienne d’août 1990. Un groupe appelé Citizens for a Free Kuwait a engagé Hill & Knowlton afin de mobiliser l’opinion américaine en faveur d’une intervention militaire. Un éditorial du New York Times daté du 15 janvier 1992 a exposé les faits.

Le groupe était financé presque entièrement par le gouvernement koweïtien, selon le chapitre consacré à Hill & Knowlton dans Toxic Sludge Is Good for You, publié par le Center for Media and Democracy. Hill & Knowlton s’était enregistré au titre de la FARA pour ce travail.

La campagne est surtout connue pour une audition du Congrès en 1990. Une jeune fille de 15 ans présentée uniquement sous le nom de « Nayirah » a déclaré aux parlementaires avoir vu des soldats irakiens retirer des bébés de couveuses dans un hôpital de Koweït. Le récit s’est rapidement répandu et a contribué à influencer le vote autorisant le recours à la force.

Des enquêtes ultérieures ont révélé que Nayirah était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis, Saud Al-Sabah. Human Rights Watch et le livre de John R. MacArthur, Second Front, ont mis en doute que l’épisode des couveuses se soit déroulé comme il avait été raconté. L’article de Wikipédia sur le témoignage de Nayirah rassemble les principales sources. Cet épisode constitue désormais une étude de cas classique dans les cours d’éthique des relations publiques et d’éducation aux médias.

L’ampleur actuelle

Les dépenses actuelles de lobbying du Koweït sont très inférieures à celles des grands États du Golfe. Le suivi d’OpenSecrets montre que, la plupart des années récentes, moins de dix cabinets ont déposé des déclarations pour des clients koweïtiens, pour des dépenses totales très inférieures à celles de l’Arabie saoudite, du Qatar ou des Émirats arabes unis.

Au-delà du lobbying direct, le Koweït entretient depuis longtemps des liens avec des banques et des cabinets d’avocats américains par l’intermédiaire de la Kuwait Investment Authority et de la Kuwait Petroleum Corporation. Ces activités de conseil ne relèvent pas toutes de la FARA, puisque celle-ci couvre les activités politiques et de relations publiques, non les conseils commerciaux courants, comme l’explique la FAQ FARA du département de la Justice.

Les totaux annuels exacts doivent être tirés des registres OpenSecrets à jour et vérifiés au regard du portail FARA.

L’histoire ne remplace pas les preuves actuelles

La campagne de 1990 a sa place dans toute histoire des relations publiques menées pour le compte d’acteurs étrangers, mais elle ne prouve pas comment le Koweït agit aujourd’hui. Les déclarations actuelles font apparaître un dispositif bien plus restreint, axé sur les relations avec les médias, le conseil juridique et les contacts gouvernementaux. Les affirmations relatives à l’influence actuelle doivent reposer sur ces registres et sur des informations attribuées publiquement, plutôt que sur une réputation forgée il y a 35 ans.

Sources utilisées sur cette page