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Oman : lobbying et influence aux États-Unis

Oman : lobbying et influence aux États-Unis

Comment Oman, discret médiateur du Golfe, s'appuie sur une présence limitée à Washington pour jouer un rôle majeur en coulisses, de l'accord de 1980 sur l'accès aux installations à l'accueil des premiers pourparlers nucléaires entre les États-Unis et l'Iran.

L’influence d’Oman sur la politique américaine au Moyen-Orient se mesure mal à ses dépenses de lobbying. Depuis des décennies, le sultanat entretient des canaux de dialogue avec l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, les Houthis et les gouvernements occidentaux. Aux yeux de Washington, sa valeur tient en grande partie à son rôle de médiateur plutôt qu’à des activités publiques de plaidoyer rémunérées.

Accès, médiation et relations avec les États-Unis

Oman est un partenaire des États-Unis depuis qu’un accord de 1980 sur l’accès aux installations a permis aux forces américaines d’utiliser des bases omanaises, selon la fiche d’information du département d’État sur les relations des États-Unis avec Oman. Cet accord, signé après la crise des otages en Iran, a donné aux États-Unis un point d’appui à l’entrée du golfe Persique qui demeure utilisé aujourd’hui.

Le même sultanat a accueilli les pourparlers secrets de 2013 qui ont ensuite abouti au Plan d’action global commun avec l’Iran. Des articles du Washington Post et de l’Associated Press ont retracé la manière dont des responsables omanais ont transmis des messages entre Washington et Téhéran. Plus récemment, Mascate a accueilli des discussions liées à la guerre au Yémen et à des échanges de prisonniers. Rien de tout cela n’apparaît dans une déclaration au titre du FARA.

Une présence délibérément modeste au titre du FARA

Le volume des déclarations concernant directement Oman au titre du Foreign Agents Registration Act est modeste. Les déclarations publiques accessibles sur le portail électronique du FARA et dans le Foreign Lobby Watch d’OpenSecrets font apparaître un petit nombre de cabinets travaillant pour des clients omanais.

Au fil des ans, DLA Piper, Gibson Dunn et Squire Patton Boggs ont figuré dans des déclarations liées à Oman ou à des entités publiques omanaises. Leur travail porte généralement sur des conseils juridiques relatifs à des marchés publics américains, sur des questions de commerce et d’investissement ainsi que sur l’assistance courante à l’ambassade. Par rapport aux dépenses du Qatar dans l’enseignement supérieur ou à la portée médiatique de l’Arabie saoudite, les activités d’influence rémunérées d’Oman sont limitées et discrètes.

Le faible nombre de déclarations correspond à la préférence d’Oman pour une diplomatie discrète. Le sultanat accède principalement aux décideurs américains par les canaux officiels et la médiation, plutôt que par un vaste réseau de représentants rémunérés.

L’accord de libre-échange entre les États-Unis et Oman

L’accord de libre-échange entre les États-Unis et Oman est entré en vigueur le 1er janvier 2009. Le résumé du Bureau du représentant américain au commerce en présente les dispositions. Son volume financier est modeste, mais l’accord revêt une importance symbolique. Oman a été le cinquième pays arabe à signer un accord de libre-échange avec les États-Unis et l’un des rares États du Golfe à l’avoir fait.

Les questions commerciales constituent un motif fréquent de déclaration au titre du FARA pour les cabinets liés à Oman. Lorsqu’un ministère du sultanat souhaite obtenir de l’aide concernant l’accès au marché américain, des décisions tarifaires ou un arbitrage, les cabinets auxquels il fait appel apparaissent sur le portail public des déclarations.

Une influence qui n’apparaît pas dans les totaux du FARA

Les véritables voies d’influence d’Oman ne figurent sur aucun formulaire de divulgation. Elles passent par des échanges à huis clos dont les parlementaires et les journalistes n’apprennent parfois l’existence que des années plus tard. Trois exemples se distinguent :

  1. Le canal de Mascate de 2013 qui a conduit au JCPOA. Ces pourparlers se sont poursuivis pendant des mois avant que la Maison-Blanche n’en informe le Congrès.
  2. Les accords de 2020 et de 2023 concernant des citoyens américains détenus en Iran. Un article de Reuters a souligné le rôle central d’Oman.
  3. Les navettes régulières entre les Houthis et les gouvernements occidentaux pendant la guerre au Yémen, documentées par l’International Crisis Group.

Ces activités relèvent de la diplomatie, non du lobbying rémunéré. Un classement fondé uniquement sur les dépenses déclarées au titre du FARA passerait à côté de la principale source d’influence d’Oman.

Dépenses limitées, accès considérable

  • Population d’Oman : environ 5,2 millions d’habitants, estimation de 2024.
  • Dépenses directes déclarées au titre du FARA : faibles, avec généralement moins de dix cabinets pour une année donnée.
  • Commerce bilatéral de biens entre les États-Unis et Oman : environ 5 milliards de dollars par an, selon les données par pays de l’USTR.
  • Accord sur l’accès aux installations en vigueur depuis 1980 et renouvelé à plusieurs reprises.

Ces chiffres montrent pourquoi les dépenses de lobbying constituent une mesure incomplète. Oman consacre peu de moyens aux activités de plaidoyer enregistrées tout en conservant un accès diplomatique inhabituel.

Ce que les données publiques permettent ou non de mesurer

Le dossier FARA d’Oman ne documente qu’une faible partie de ses relations avec Washington. La plus grande valeur du sultanat réside dans son rôle d’intermédiaire digne de confiance, que les systèmes de divulgation publique ne sont pas conçus pour quantifier.

La fiche d’information du département d’État, OpenSecrets et le rapport RS21534 du Congressional Research Service offrent des perspectives complémentaires sur cette relation.

Sources utilisées sur cette page